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Les-aventures-de-Sophie-dans-l-arctique.over-blog.com

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22 May

L'ourse qui a la gigote

Publié par Sophie Cordon

La saison des motoneiges touchant à sa fin et la vague des touristes "été" n'ayant pas encore succédé aux touristes "hiver-printemps", il ne se passe pas grand chose dans notre "ville" et dans le dernier numéro de Svalbardposten, nous avons eu droit à un article sur la migration des ours marqués par le Norsk Polarinstitutt (l'institut polaire norvégien pour ceux qui feraient preuve de mauvaise foi quant à leur compréhension du norvégien) en partenariat avec WWF secteur arctique.

Quand on dit ours, c'est en fait plutôt ourses parce que, jusque récemment, il fallait placer un genre de collier sur l'animal, collier contenant, entre autres, l'émetteur satellite qui permet de suivre la trace de la bête. Et un collier, ça se met où ??? Au niveau du cou... et il faut donc avoir un cou ! Ça parait bête (ah ah) comme remarque mais les mâles ours n'ont pas de cou : leur tête s'évase petit à petit pour s'élargir encore vers les épaules. Les femelles, elles, ont une tête plus arrondie et un rétrécissement au niveau du cou. On ne pouvait donc poser ces colliers que sur les femelles. Ces colliers ont une batterie qui dure une bonne année et quand la batterie lâche, le collier s'ouvre et tombe... et l'ourse se dit "bon débarras !"

Il semble que, maintenant, ils placent un dispositif beaucoup plus petit sur l'oreille avec l'émetteur satellite et différents capteurs de température notamment, ce qui permet de savoir si l'ours est sur terre (ou sur glace) ou dans l'eau.

Voilà pour la partie technique... maintenant, place aux résultats :

L'héroïne du jour s'appelle Kara, elle a 13 ans, pesait 217 kg au moment du marquage et mesurait 2,2 m de long. Cette petite bête a parcouru la bagatelle de 3100 km entre april et décembre 2013, essentiellement en se déplaçant sur la banquise mais par moments, elle a nagé plusieurs jours de suite. Pour donner une idée de ce que ça peut représenter, elle a traversé 6 fuseaux horaires !

Kara, juste avant sa capture et marquage

Kara, juste avant sa capture et marquage

le trajet parcouru par les différents ours marqués

le trajet parcouru par les différents ours marqués

Ceux que ça intéresse peuvent consulter le site du wwf pour voir les trajets suivis par les différents ours marqués :

http://wwfgap.org/tracker/polar-bear/svalbard/

Les autres ours sont plus fainéants casaniers et ont un peu tendance à rester dans le même coin ou revenir plus ou moins toujours dans le même coin chaque année. Les chercheurs tombent donc souvent sur des ours qu'ils ont déjà capturés par le passé. Lors de la capture, des échantillons de sang et de dent sont aussi pris pour étudier la santé générale de l'ours et déterminer son âge (le bout de dent sert à ça). Les ours sont de bons indicateurs pour surveiller le taux de polluants dans l'arctique. Pour faire simple, les polluants organiques se fixent préférentiellement dans le gras ; or, un ours ça mange surtout des phoques (bien connus pour leur maigreur...) qui se nourrissent eux-mêmes de poissons gras. Ils accumulent donc les polluants d'année en année. Ça me rappelle un TPE...

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